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10122017
Jeudi 21 septembre 2017 - En début d'après-midi
Nous continuons notre déambulation en descente cette fois, dans les rues de plus en plus vivantes.
Il faut dire que c’est l’heure du déjeuner. Ecoliers et travailleurs sortent de leurs écoles, de leurs bureaux ou de leurs chantiers pour aller prendre leur repas.
Un escalier nous offre une vue sur les immeubles de toutes les couleurs de ce quartier Ajuda. Nous nous rapprochons de plus en plus du Tage.
Nous sommes arrivés tout en bas de la grande friche que nous avons contournée.
Mes jambes ont besoin d’un peu de repos. Je m’assoie sur les marches d’une résidence, pendant que Gaël par à l’aventure dans la friche…
J’écris, je note, en vrac, ce qui me revient à l’esprit pour ne pas oublier :
- mon amie Cristina qui a toujours gardé ce que nous appelons, en France, les dents de la chance, m’a dit qu’au Portugal, les gens disent que ce sont les dents du mensonge !
- au bar de la plage à Porto, un boitier électronique avec deux boutons pour prendre une commande et demander l’addition est disposé au milieu de toutes les tables de la terrasse pour alerter les serveurs.
- sur la plupart des aires de repos-parking des autoroutes portugaises sont installés des ensembles de « machines » toutes neuves pour les parcours sport-santé, mais très souvent il n’y a pas de toilettes…
- en 2013, à Londres, un slogan publicitaire m’avait interpelé « Be light, be fast, be free » et depuis je n’arrivais pas à me souvenir de quelle marque et produit il s’agissait. « Soit léger (légère), soit rapide, soit libre ». Le genre de petits mystères qui restent à l’esprit, qui tournent en tache de fond dans le cerveau, inconsciemment et qui se terminent enfin pour en « libérer une case » … Les affiches publicitaires du moment sur tous les abris-bus portugais annoncent cette phrase pour les chaussures de sport Flyroam de Timberland.
Je continue à écrire.
Les enfants d’une classe, vêtus de tee-shirts et de casquettes de toutes les couleurs défilent en se tenant la main, accompagnés d’adultes en gilets jaune fluo.
Un pigeon à deux mètres de moi essaye désespérément de piquer son bec dans un morceau de pizza, le bord arrondi roule et tourne sur lui-même. Et le pigeon tourne aussi, une bonne vingtaine de fois… Je me dis qu’il n’est pas très intelligent. Il pourrait poser sa patte dessus pour le bloquer. Il abandonne finalement ce trop gros morceau pour lui et tente de récupérer des miettes entre les pavés du trottoir.
 
Je regarde mon téléphone et j’apprends par une publication Facebook de Remi Hess, le décès de René Barbier.
Je suis touchée parce que la première phrase d’un de ses poèmes m’accompagne au quotidien :
« Agis puisque tu sais - La vie est sans frontière -  Cherche - Puisque tu portes - Le symbole où bouillonne le sens*».
Gaël me rejoint et nous reprenons notre marche dans les rues au pourcentage de pente impressionnant… en descente, c’est mieux.
Un monsieur à la terrasse d’un café nous conseille de prendre la route de droite car il y a des grottes à prendre absolument en photo, enfin, c’est ce que l’on comprend…
En effet, un ensemble de roches trouées, dont quelques-unes sont remplies de gravats, d’ordures et déchets en tout genre, dans la rue Rio Seco est tout à fait impressionnant surtout par rapport à toutes les constructions, de grands immeubles au-dessus de ce qui semble être un vrai gruyère…
Une maison à pigeons, bleue cette fois m’interpelle à nouveau.
J’aime bien ce genre de randonnée où l’on choisit de prendre telle ou telle rue selon l’orientation et le but final que l’on s’est fixé... aujourd'hui c'est : "retrouver la voiture".
On découvre forcément des pépites, des tags, des couleurs, des styles et des hauteurs de maisons contrastés, des azulejos, des garages de voitures, des magasins dans des endroits improbables.
Nous croisons des gens, un peu, en ce jour de semaine où la plupart travaille. Ils sont toujours parfumés et c’est très agréable. Les portugais sentent bon.
Il est l’heure du goûter juste au moment où nous retrouvons la grande avenue et notre pâtisserie préférée. Ça tombe plutôt bien ! Surtout que nous avons un peu zappé le déjeuner… Allez ! Une deuxième fournée de pastéis avec beaucoup de cannelle, avant de reprendre la route vers la plage.

Il fait très beau et chaud et nous aimerions bien retenter une baignade avec nos planches.
Mais avant d’arriver à Cascais, le ciel est rempli de nuages noirs, très noirs… Je suis déçue.
Nous nous arrêtons tout de même pour tenter quelques lancers de pêche près du camping, mais c’est trop dangereux, entre les grosses vagues et les rochers très pointus-pentus.
Le soleil est revenu, mais l’heure est plutôt à l’apéritif que d’aller faire trempette.
Nous nous arrêtons dans le seul supermarché du coin, le « VIP Supermercado » au milieu des résidences d’immeubles chics avec de très belles voitures garées dans les rues.
On s’achète du chouriçao et un quart de fromage de brebis, du pain aux céréales, des chips et de la bière portugaise.
Sur les falaises à droite de la Boca del inferno, installés sur les rochers nous assistons en mangeant nos sandwichs au spectacle du coucher du soleil. 
Plusieurs personnes un peu plus loin applaudissent lorsqu’il disparaît dans les flots.
De retour dans nos duvets, nous nous endormons tranquillement avec la chanson douce d’une petite brise dans les arbres.
 
* René Barbier, La recherche action, Paris : Anthropos - Economica, 1996, p. 6
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