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18042018
Samedi dernier Andréa a accompli un de ses rêves : aller au festival de cerfs-volants de Berck.
Quelle idée !  Berck ! C’est loin, dans le Nord, chez les Ch’tis…
Mais c’est aussi une belle occasion de voyager et de découvrir les plages de ces régions qu’elle ne connait pas : la Normandie, la Picardie et le Nord Pas de Calais.
Samedi, donc, vers midi, la plage de Berck accueille les festivaliers pour le premier jour de compétition et de démonstration.
Il fait gris, mais Andréa n’a pas trop froid, c’est supportable avec son bonnet, ses gants, son blouson à capuche et son écharpe.
De grosses structures en forme de baleine, de cochon, de poisson, qui se gonflent et s’élèvent à la force du vent ont du mal à décoller…
Le vent est très discret…
Des cerfs-volants de formes inattendues réussissent quand même l’exploit de survoler sa tête.
Un immense ensemble de 111 mini-cerfs-volants se déploie et forme une arche blanche d’un côté, rouge et verte de l’autre.
Andréa s’avance vers la femme qui tient le fil à l’aide d’un gros mousqueton et d’un harnais.
Pour l’instant tout va bien, mais si le vent devient plus fort, elle risque de s’envoler elle aussi.
Fait « maison », ce cerf-volant est composé d’un long fil en kevlar, de fines tiges de carbone et de papier cadeau métallisé pour les losanges et les queues.
De l’autre côté de la plage, quatre cerfs-volistes répètent leur chorégraphie. Ils sont tous habillés en bleu marine avec des manches blanches, leurs cerfs-volants sont assortis. Le spectacle est bien sûr en l’air mais aussi sur le sable à les voir se déplacer en rythme, petits à-coups, rotations des poignets, allongements ou tractions arrières des bras pour que le ballet des petits triangles soit parfait.
Les enfants d’ici ne sont pas frileux, les pieds nus dans le sable, ils courent partout et lancent leurs petites voiles dans les airs.
Le ciel au-dessus de la plage devient une mosaïque de toutes les couleurs.
 
Andréa se souvient….
Un drap blanc est bien posé à plat sur la moquette du salon de l’appartement.
Son père a préparé un patron de papier qu’il pose délicatement sur le drap. Avec un feutre, la forme d’un grand cerf-volant se dessine.
Il découpe les pans d’un pentagone, composés de triangles d’or...
La machine à coudre est en marche et la mère d’Andréa réalise tout autour un ourlet de deux centimètres en suivant avec application les traits sur le tissu.
Tout doit être parfait, au millimètre.
Les baguettes de balsa sont taillées aux bonnes longueur. Une ribambelle de petits carrés de drap sont prêts à être assemblés pour la queue de ce grand cerf-volant.
Il ne reste plus qu’à attendre le vent… Il arrive en ce bel après-midi de printemps, dans un champ, près d’un château d’eau, tout en haut d’une colline où aucun fil électrique ne viendra gêner la montée dans les cieux de leur grand oiseau de drap blanc.
Le fil est bien bobiné, sur un ensemble composé de deux planchettes reliées par des tubes en cuivre qui serviront de poignées pour lâcher ou rattraper le cerf-volant.
Les baguettes sont insérées dans les ourlets tout autour du drap et deux autres à l’horizontal. Le fil est attaché.
Andréa et ses sœurs ont la responsabilité du décollage. Elles tiennent chacune un coin du cerf-volant et la troisième, la pointe où la queue ne doit pas s’emmêler.
Elles courent un peu en avant, le fil est bien tendu sous les moulinets du papa, le vent s’accroche dans la voile, et c’est parti !
Il monte, il monte, il monte encore…
C’est beau, c’est enivrant, plus rien d’autre n’a d’importance que de voir évoluer cette toile blanche dans le ciel tout bleu.
Tout fonctionne parfaitement, la bobine est complétement déroulée…. Un effet d’optique sûrement avec leurs regards d’enfants : un avion… il a l’air de passer en dessous du cerf-volant !
Ce n’est pas tout ça, mais avec le père d’Andréa, lâcher un cerf-volant ça ne suffit pas…
Alors, on attrape ses feutres et crayons de couleurs pour dessiner sur des feuilles blanches, on écrit des petits mots…
Ces papiers sont enroulés et agrafés comme des cônes autour de la ficelle juste au-dessus de la bobine.
Avec l’aide du vent ils montent petit à petit apporter leurs messages jusqu’au centre du cerf-volant, là où un pilote invisible, elles en sont sûres, maintient dans les airs et fait danser ce grand drap blanc.
 
 
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