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29042018
Mardi matin, au réveil, en plein petit déjeuner, notre nouveau voisin, un allemand, motard, vient discuter et s’extasie sur notre toile de tente. 
Il a besoin d’un café et s’étonne que nous, français, nous ne soyons pas en train d’en boire un ! 
Il s’incruste un peu beaucoup ! Il vit à Cologne pour s’occuper de sa mère qui vieillit après avoir passé une grande partie de sa vie en France où il était archiviste de cinéma et donc parle très bien français… et il parle, parle encore, bave sur les petites voisines qui rignochent, sur la politique, la religion, les pédophiles… il n’y a que Michel Serraut et Jean Rochefort qui soient cleans, nous affirme-t-il ! Ok, moi aussi j’adore ces acteurs… mais... J’aimerais bien prendre mon petit déjeuner tranquille et ne pas écouter ses salades dès le matin… Je m’en sors en me levant pour préparer mes affaires de toilette ! Ouf !


Nous passons un grand moment au café du camping pour recharger nos appareils et nous déjeunons de sandwichs aux avocats. Je pars à la plage pour une grande séance de bronzette et Gaël part en voiture pour une randonnée photographique.

Le ciel est très très bleu. Heureusement qu’il y a des toilettes, trois fois en une heure, ça devient un problème ! Il fait chaud, j’ai bu peut-être trop d’eau et de café…
Gaël me rejoint et nous nous baignons avec nos combis et nos planches dans la mousse des grosses vagues… Le vrai bonheur !

Il est encore tôt, nous réservons en passant au restaurant de sushis pour le diner. La jeune fille cette fois ne parle pas du tout français et ne comprend pas ce que je lui dis… Elle me laisse alors son cahier de réservation et son stylo et j’écris moi- même : Angéline, 2P, 19h30, à l’intérieur. J’aime bien cette idée, efficace, qui me fait penser à une crêperie bretonne où je suis allée quand j’avais 20 ans : sur chaque table était posé un petit carnet avec un stylo et chaque client écrivait sa commande que la serveuse venait récupérer.

Nous partons marcher le long du front de mer vers le sud cette fois. Je n’avais pas les vêtements adéquats ni de chaussures pour cette promenade… finalement je trouve dans la voiture mes sandales de pêche et je me fais une jupe avec ma fine écharpe noire.
Il est 17h environ.
Nous allons jusqu’à la plage des pêcheurs en tracteur. Etonnant !
Le bateau a des yeux dessinés à l’avant de la coque. 

Quelle est cette technique de pêche ? Nous comprenons que le bateau est parti de la plage en laissant courir un câble attaché à l’arrière d’un des tracteurs, celui de droite. Il a dû naviguer très loin au large, a déployé son filet, attaché au câble du tracteur et revient ensuite vers le tracteur de gauche, sur lequel, l’autre bout du câble est maintenant fixé. Deux personnes auprès de chaque tracteur ramène doucement, en rythme, à la même vitesse, le câble en l’enroulant méthodiquement, pour rapprocher le filet qui sera peut-être plein de poissons…

Des centaines de mouettes tournent autour de cette agitation et attendent leur casse-croute. Un premier filet a déjà dû être récupéré et deux femmes aux tabliers éphémères en sac-poubelle vendent les poissons déposés dans des caisses directement sur le sable de la plage. Une dizaine de personnes avides de « frais pêché » font la queue. Raie, sardine, maquereau, lieu, seiche…
Le filet entouré de ses petites bouées qui forment un collier de perles géant se rapproche au fur et à mesure de l’enroulement des deux bouts de câble. Les bouées apparaissent et dansent sur le haut des grosses vagues, comme les têtes des surfeurs que l’on voit entre les deux autres jetées de droite.

Le filet doit être encore loin… Nous rejoignons la voiture pour aller chercher nos appareils photo. De retour sur la plage, nous arrivons un poil trop tard, le filet est déjà arrivé… Il est posé sur une grosse bâche bleue juste au bord, à la limite de l’arrivée des vagues. Les poissons sautent, ils n’ont plus d’eau… Il n’y en a pas tant que ce que nous avions imaginé. Cette fois les dames en sac poubelle, accompagnées d’autres personnes, trient tous les poissons dans les caisses. Les clients, de nouveaux, sont là…

Nous retournons au camping, douche, rinçage de nos combis. Nous nous faisons beaux pour aller au restaurant. En arrivant, le serveur nous accueille : « Angéline ? » ça donne un air de VIP… Nous prenons une belle et bonne bouteille de Vinho verde pour accompagner notre plateau de quarante pièces, mélange de sushis, sashimis et de maki, que nous avons choisi en mode mixte : tradition et fusion.

Le mode fusion réserve des surprises : par exemple un maki chaud, avec rondelle de fraise et mayonnaise. C’est délicieux !
La soupe miso qui nous a d’abord été servie en entrée, ainsi que des beignets de légumes, contenait en plus du traditionnel tofu, des morceaux de saumon.

Nous n’avons plus très faim, mais nous nous laissons tenter par un dessert : cheese cake véritable au fromage philadelphia, sur lit de biscuits Oreo au chocolat concassés, recouvert d’un coulis de fruits rouges, et tarte au citron avec une meringue qui fait des vagues pointues comme celles que l’on voit derrière la baie vitrée. Excellents desserts !

La jeune fille se trompe deux fois dans la note qu’elle nous propose au moment de payer, mis à part ça, tout est parfait au Sentido do mar.
Je prends mal une remarque de Gaël, j’ai les larmes aux yeux, j’ai l’impression d’être la jeune fille tatouée du restaurant de Lisbonne… J’ai l’impression d’être insupportable… On discute alors avec une petite caïpirina sirotée sur les canapés lounge de la terrasse, préparée avec amour et passion par notre serveur préféré Vitor Valente du bar du camping. Le voir sortir la machine à broyer les glaçons de son carton, juste pour nous, m'a redonné le sourire…

Prêts à dormir, nous mettons nos boules de cire dans les oreilles en prévision : nos nouveaux voisins, des motards tchèques ont collé leur toile de tente bien près… ça va ronfler ! Ils sont accompagnés d’une femme, plus âgée qu’eux qui conduit un fourgon et a l’air de s’occuper de l’intendance. Ça me rappelle « Vaisselle Angel’ », la mère de Duhon dans la BD « Les motards ».
Ce sera finalement une très bonne nuit.

http://www.costadecaparica.com/spot/sentido-do-mar/

    

    

   

   
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