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24112017
J’ai faim… J’espère que la côte de bœuf de notre souvenir sera aussi bonne, qu’il y aura de la place au restaurant s’il est toujours ouvert, et qu’ils servent toujours cette petite fricassée de piments-poivrons verts… 

Nous traversons la frontière, nous sommes en Espagne et nous arrivons au Batzokia Jatetxea, Damarri Kalea, juste sous les remparts d’Hondarribia, Fontarrabie en français.

Il y a quelques années, nous nous arrêtions à San Sebastian, Calle Angel… Gaël avait trouvé un petit restaurant, tenu par un papi aujourd’hui à la retraite. Je me souviendrai toute ma vie des yeux de mes garçons à l’arrivée de leurs assiettes remplies de côtes de bœuf, tranchées à la hache devant nous dans la salle du restaurant avant cuisson au grill, accompagnées de frites ou plutôt de quarts de pommes de terre cuites à la perfection tout simplement à la poêle… certes avec beaucoup d’huile…

J’en salive d’avance. Il faut que je pense à autre chose. 

Je viens de changer la musique et … au moment où j’écris ces mots j’entends « Nothing else matters » de Metallica.

Dimanche dernier, à Paris, nous sommes allés voir ce célèbre groupe à Bercy. 
C’était magique. 
La scène, au centre de la salle, nous donnait à tous la sensation d’être les mieux placés. La décoration, les animations vidéos, les jeux de lumières, les mini-drones lucioles qui s’envolaient et virevoltaient au rythme de la musique, les feux d’artifice, le son, le gros son, les voix des chanteurs sans aucune fausse note, les déplacements des musiciens sur scène, même le batteur et sa batterie tournaient d’un quart de tour toutes les cinq chansons, la salle toute neuve avec des places numérotées et cette ferveur du public qui m’impressionne toujours autant, qui donne des frissons et où je me surprends à sourire béatement, remplie d’une joie intense, tout était parfait.

Revenons sur notre route… jalonnée d’arrêts dans les aires de repos ou stations-services, j’observe, je note :

- Aire de Saugon, équipée dans un seul grand bâtiment d’une cafeteria et d’une partie station-service. J’attends Gaël pour prendre un café. C’est une dame avec un grand tablier qui s’occupe de la cafet’ et un monsieur vêtu d’un uniforme qui se charge de la station. La cinquantaine tous les deux, ils sont tout près de moi et se font des blagues, ils rignochent comme des adolescents. Ils sont peut-être amoureux, ou pas, mais sont très sympathiques. Je blague avec eux au sujet de l’heure qu’il est et nous finissons par dire que les femmes ont toujours raison…

- Un peu plus loin, sur une aire de repos sans station, une dame âgée sort de sa voiture avec deux très petits chiens tenus en laisse. La dame reste là devant sa voiture, presque sans bouger, le sourire aux lèvres dès que quelqu’un accroche son regard comme une invitation à leur faire dire « ils sont beaux vos petits » … Je ne sais pas si ses chiens, habillés bien entendu de petits manteaux ridicules, ont réellement envie de se dégourdir les pattes, ils ne bougent pas non plus… Au moins, ils prennent l’air.

- Juste avant Bayonne, au moment de payer après avoir pris du carburant, une vieille dame devant moi fait la queue depuis sûrement un certain temps et demande à la caissière, lorsque c’est son tour, si elle est bien sur la bonne route pour se rendre à Saint-Jean-de-Luz, car elle n’a encore vu aucune pancarte et elle s’inquiète. J’ai besoin de me déconnecter des outils électroniques pendant ces vacances, mais l’inquiétude de cette dame me fait penser qu’il faudrait maintenant des GPS dans toutes les voitures et apprendre aux papis-mamies à s’en servir. Mais après tout, il existe encore de très bonnes cartes routières et des personnes de bonne volonté, comme ici la caissière, capables de répondre aux passants qui cherchent leur chemin.

- Ce tronçon de route est toujours en travaux depuis… trente ans ! Peut-être plus d’ailleurs, c’est fou ! Gaël les a toujours remarqués, même lorsqu’il était étudiant à Bilbao et qu’il effectuait ses trajets depuis Saint-Nazaire. C’est à se demander s’il y a une réelle volonté de terminer ce chantier…

Arrivés à Hondarribia, notre restaurant préféré du pays basque est toujours là, presque complet, il ne reste qu’une seule table de deux personnes… juste pour nous. 
Nos voisins de table, des touristes allemands, commencent à déguster leur grosse côte de bœuf dont les lamelles tranchées continuent de griller en crépitant sur le plat en fonte noire brûlant. 
Le menu du jour annoncé à vingt euros avec Chuleta nous fait de l’œil : entrée, plat, dessert avec un verre de vin pour accompagner tout ça. 
Les entrées terminées, les « chulett’ » arrivent sur nos assiettes… Nous nous sommes trompés… 
Nous avons une belle tranche de steack mais pas cette côte de bœuf qui nous fait cette fois un pied de nez allemand ! 
On regarde la carte, on vérifie… c’est la « chuleton » pour deux à quarante-sept euros qu’il aurait fallu commander… 
Tant pis, ça nous donnera l’occasion de revenir ! 
Au retour ? Avec les draps propres à la maison, ce sera notre deuxième petit bonheur pour égayer la fin de nos vacances.

Dans ce restaurant, ce sont toujours les mêmes serveuses souriantes, rencontrées il y a deux ans lors de notre périple avec Lucas dans tout le nord de l’Espagne, habillées en noir des pieds à la tête, reines du service, bienveillantes et très professionnelles, elles dansent un ballet entre les tables toujours les mains pleines soit de plats, soit de vaisselle sale, de verres ou de couverts, elles me font penser aux trois fées dans le dessin animé de Disney de la Belle au bois dormant.

En ce samedi midi, plusieurs grandes tables sont réservées, c’est l’heure des repas de familles ou d’amis. Les convives, tous habillés comme pour les jours de fêtes, arrivent au fur et à mesure, s’embrassent. 
« ¿ Como estas ? » Commence alors, après les premières gorgées de vino tinto avalées, ce bruit ronronnant si caractéristique des endroits vivants : le brouhaha… j’adore ce mot.

Le brouhaha, lorsqu’il est « fondu », c’est-à-dire quand on n’entend pas distinctement les mots des conversations n’est pas vraiment gênant. Il peut même être assez inspirant et réconfortant.

www.batzokijatetxea.com


Crédit photo Trip advisor
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