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Journal de lecture - pages après pages...

le Mar 23 Aoû - 22:52
Page 14 :
« … elle savourait cette agitation mentale : il flottait enfin un parfum d’aventure dans sa vie… »

Voici le premier exemple de phrase dont je ne sais plus pourquoi je l’ai notée… 
Je pense que c’est à cause du « parfum d’aventure ». L’aventure a un parfum. 
Je m’en rends compte avec l’agitation mentale qui est la mienne en ce moment. 
Mon aventure de changer de vie a en effet un parfum, qui ne sent pas forcément toujours bon, mais, c’est un parfum brut, sincère, sans chichi, vrai et qui varie selon la conscience du bonheur du moment présent.


Ce parfum ne se touche pas, mais il caresse les narines, il s’approche quand on a besoin de lui pour valider ou pas nos nouveaux choix de vie, il rassure, il fait avancer, il permet surtout de s’apercevoir que l’on est vivant…
Par exemple, ce moment de ma ballade sur les bords de Seine, quand j’ai pris la photo de l’arbre tatoué, sentait bon.

 
Page 24 :
« … le mécanicien était revenu à la réalité : à vingt-six ans, son mariage l’ennuyait. Certes, Geneviève demeurait allègre, éprise, fervente, mais la vie conjugale lui donnait mauvaise conscience. Désormais, il culpabilisait de retrouver ses copains au bistrot, de trop boire, de trop blaguer, de draguer mollement les filles, de bâfrer des saletés […] Il ne supportait pas de se surveiller, de se contraindre à s’améliorer, à devenir propre, raisonnable, responsable, loyal. Contre nature ! Endurer ça pour chevaucher sa femme aussi souvent qu’il en avait envie ? L’addition lui paraissait salée… »

Curieux que j’ai noté cette phrase, mais une intuition sans doute de l’ennui que je peux imaginer régner dans notre couple pour mon amoureux… 
Et finalement, n’est-ce pas pour moi ? 
Je fais tellement d’efforts pour que tout soit, ou en tout cas, que tout semble parfait, que je m’use moi-même, je m’épuise et le résultat c’est la perte de contrôle total des situations de vie agréable que je me fais un devoir de toujours vouloir mettre en place.

Alors, je crois que je viens de comprendre enfin qu’il faut une bonne fois pour toute que je ne pense qu’à moi… 
Sacrée égoïste la fille ! Mais non, mais non… 
C’est dans l’optique suivante : si je suis heureuse, ceux qui m’entourent seront heureux. Alors, je vais enfin y aller à fond.
Là, à l’instant, je devrais appeler Gaël, et bien non, je vais attendre qu’il m’appelle, je suis en train d’écrire, ça me plait, alors je continue… Une vraie peste !
 
... Deux minutes après avoir écrit la phrase précédente Gaël m'a appelé... mon amoureux qui me manque...

Jeudi 25 août 2016, 23h05, appartement blanc, Paris

Page 42-43 :
« … au soin qu’elle mettait à mener le fauteuil, à éviter les inégalités de la chaussée, à vérifier que la couverture protégeait bien son malade du froid, Jean saisit que Geneviève ne reviendrait jamais sur sa décision. Sacrifiant son bonheur, elle entrait vivante dans une tombe qui se refermerait sur elle… […] … Jean substitua l’admiration à la colère. Quelle dignité ! « Pour le meilleur et pour le pire », avait exigé le curé sous les vitraux chatoyants de Sainte-Gudule. Elle s’y était engagée. Elle tenait parole. Le meilleur avait été bref. Le pire déjà bien entamé, s’annonçait copieux. Jean se jugea misérable… Serait-il capable d’une telle abnégation ? »

C’est une question que l’on devrait se poser mutuellement avant de s’engager dans une relation avec quelqu’un, avec ou sans mariage. « Est-ce que tu m’aimes assez pour envisager de prendre soin de moi, quoi qu’il m’arrive ? ».

Je me souviens d'un jour où Gaël, m'avait dit quelque chose du genre : "ça sert à quoi d'être des amoureux, si on ne prend pas soin l'un de l'autre"... 

Cette sorte de contrat est implicite pour ses enfants, enfin ça me paraît naturel... 
Et ça me fait penser à ma sœur Emilie, en mode « abnégation » pour ses garçons en ce moment, qui a appris aujourd’hui qu’ils vont pouvoir aller tous les deux à l’école à la rentrée. Elle va pouvoir souffler un peu et ça me fait du bien pour elle.

Je pense aussi à tous ceux que je connais maintenant, de mes amis en fauteuil roulant et leurs familles, l’organisation adaptée de leur vie autour du handicap… 

Et ça me fait rebondir sur le projet de recherche envisagée par mon amie Annelise pour son mémoire de Master en psychologie. 
Elle veut s’occuper des parents d’enfants autistes, et finalement son travail pourrait être recoupé et utile pour tous les experts, conscients ou inconscients, en "care", qui prennent soin des autres, en mode « abnégation ».

Je trouve une définition sur le site du CNRL  pour le mot abnégation : Renoncement ou sacrifice consenti pour des motifs de perfection morale et spirituelle.
Source : http://www.cnrtl.fr/definition/abn%C3%A9gation

Je n’aurai pas beaucoup avancé dans mon écriture de ce journal, mais, mes paupières tombent enfin de sommeil… alors, au dodo…
La chaleur est étouffante, je vais peut-être envisager de dormir dans le frigo.
C'était quand même une bonne soirée, où, seule dans l'appartement, hé bien, j'ai pris soin de moi... en écoutant Pearl Jam cette fois.

 
Mercredi 31 août 2016, 22h46, appartement blanc, Paris
Page 44 :
« … quand nous savons que le malheur ne s’avère pas un virus transmissible, ce n’est plus le malheur que nous craignons, mais nous face au malheur. L’inertie qui nous retient dans les situations pénibles ouvre la porte aux forces négatives, celles qui incitent à contempler le vide, celles qui nous poussent à nous pencher sur le cratère en fusion, à nous approcher de sa lave, à en renifler le souffle chaud et fatal… »
Ma phrase fétiche, issue d’un poème de René Barbier, frétille dans mon cerveau en relisant ces phrases : « Agis puisque tu sais ».
Je sais… Mais pourtant, à chaque fois qu’un malheur jaillit comme de la lave dans ma vie, je suis tétanisée, bloquée, incapable de réfléchir sereinement sur ce qu’il faudrait faire de sensé. Et en effet ce sont mes idées noires qui prennent le dessus, qui m’angoissent et me font perdre mes moyens. Pourtant je pense être forte, une sorte de guerrière et je me relève toujours après chaque blessure qui ont pu m’atteindre depuis que je suis petite. Mais il y a ce temps de panique totale, de non maitrise de soi, de tremblements, de gorge serrée que j’aimerais tellement ne pas avoir à revivre.
Est-ce que ça s’apprend la gestion du malheur ? Moi qui parle de bonheur à tout bout de champ, est-ce que je me trompe de combat ? Est-ce que le bonheur justement ce serait de savoir affronter les malheurs avec « panache » ?
Il faut que je creuse encore le concept de « résilience » pour bien identifier à partir de quel moment la douleur lorsque survient un malheur, commence à s’estomper. Quel est l’événement déclencheur du processus de retour à l’action, de sortie de la torpeur.
 
Page 45 :
« S’ils s’aimaient toujours, ils avaient maintenant l’habitude de leur amour, le considérant moins comme un miracle. Chacun, de son côté, se demandait ce qu’aurait été sa vie s’il avait effectué un choix différent, s’il n’avait pas élu ce compagnon, s’il ne l’avait pas préféré à tous… Ces interrogations vertigineuses ne recevaient naturellement pas de réponses mais assombrissaient leur quotidien. »
 
Je me rends compte qu'à trop me poser de questions existentielles de ce type c’est bien là qu’apparait cette « sombritude » qui m’assomme souvent. Alors au diable les questions de savoir ce que serait ma vie sans « … » !!!
Ce qui importe c’est de toujours garder en ligne de mire ce miracle de l’amour, qu’il devienne une habitude ou non, que c’est ce qui EST au moment présent qui est beau et sincère.
Je repense à la main de Gaël sur ma main dans un restau où nous déjeunions avec mon beau-frère. Il m’a fait remarquer ce petit acte si simple, habituel et essentiel pour moi, en disant : « c’est trop mignon… moi je ne fais plus ça avec ta sœur ».
Je ne sais pas si c’est utile ou pas finalement, mais je sais que ce genre d’habitude d’amour fait du bien, je la trouve saine, petite mais forte de sens et j’en ai besoin.
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